LES FAITS SONT TÊTUS : La guerre en RDC endeuille aussi les Rwandais
- JEREMIE MUZVUILA
- 2 days ago
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Le pouvoir rwandais impose le secret, confisque le deuil et traite les familles des victimes avec une indifférence cruelle. Pas d’explications. Pas de reconnaissance. Pas de vérité. Les proches sont laissés dans l’angoisse, privés même du droit élémentaire de pleurer leurs morts. À lire dans cette enquête de la @dw_francais (dw.com/fr/rwanda-la-g…)
Comme l’a déjà documenté Human Rights Watch, et comme le révèle l’enquête approfondie de Deutsche Welle, des soldats rwandais meurent bel et bien sur le sol de la République démocratique du Congo.
Malgré les dénégations répétées de Kigali, les faits s’accumulent, les preuves aussi.
Le rapport de Human Rights Watch publié en septembre dernier signalait déjà une augmentation inquiétante du nombre de tombes au cimetière militaire de Kanombe, à Kigali.
L’analyse d’images satellitaires est sans équivoque : plus de 400 nouvelles tombes ont été ajoutées entre décembre 2024 et juillet 2025.
Mais l’enquête de DW va plus loin. Elle donne la parole aux familles.
Et ce qu’elles racontent est glaçant.
Des mères témoignent avoir appris la mort de leur fils par des rumeurs, parfois par des voisins, jamais par l’armée. Des pères expliquent que les cercueils arrivent de nuit, sous surveillance, sans cérémonie, sans explication officielle. Plusieurs familles affirment avoir reçu des ordres clairs : se taire, ne pas pleurer publiquement, ne poser aucune question.
Une mère confie à DW qu’elle n’a jamais été autorisée à voir le corps de son fils, mort en RDC. Un autre parent raconte que toute tentative de demander des comptes aux autorités est perçue comme une menace contre l’État. Le deuil devient suspect. La douleur devient un risque.
Ainsi, le pouvoir rwandais ne se contente pas de nier la mort de ses soldats en RDC.
Il confisque le deuil, impose le secret et abandonne les familles dans une souffrance silencieuse. Ces parents n’ont même pas le droit élémentaire de pleurer leurs enfants tombés loin de chez eux, dans une guerre que Kigali prétend ne pas mener.









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