Lualaba : 40.000.000 USD divise le vice-gouverneur Fifi Masuka contre son titulaire Muyej



RDC Sondage.info, 19 décembre 2020

Le torchon brûle au sommet de l’exécutif provincial de la

Lualaba depuis quelques semaines. Le vice-gouverneur Fifi Masuka se

plaint du comportement que son titulaire affiche à son égard, ainsi que

les malversations financières dont celui se rend coupable. Les

populations assistent ce dernier temps à un bras de fer qui, on l’espère,

pourrait trouver une issue au terme de la réunion que la commission ad

hoc va organiser dans les plus brefs délais.

Les violons ne s’accordent plus entre le gouverneur Richard Muyej et

le vice-gouverneur Fifi Masuka Saini. Les deux autorités provinciales

s’accusent à travers des correspondances adressées à l’assemblée

provinciale. Tout est partie de la dénonciation, par le

vice-gouverneur Fifi Masuka, des détournements des deniers publics et

des surfacturations des marchés de gré à gré par le gouverneur Richard

Muyej. A titre d’exemple, elle mentionne entre autres les travaux du

centre minier de négoce et la construction de l’aéroport moderne de

Kolwezi.

De fausses accusations

Pour les humiliations subies, le vice-gouverneur dit «s’en remettre à

la première institution de la province, avocat du peuple, pour la

constitution d’une commission pour constat».

Dans une correspondance adressée à l’Assemblée provinciale, pour

réfuter les accusations du gouverneur, elle reconnait avoir participé

à la réunion du Conseil de sécurité au cours de laquelle il avait été

décidé d’installer des caméras aux endroits stratégiques, sombres pour

faire face au problème de l’insécurité qui battait son plein. Le

rond-point de l’Indépendance, dit « Malu » faisait partie des lieux

retenus. Cependant, concernant la procédure de passation de marché

jusqu’à la sélection du titulaire, elle dit n’avoir jamais été

associée à quelque niveau que ce soit. Quant au paiement de ladite «

entreprise » qui devrait installer ces caméras, Fifi Masuka ne connait

ni la société, ni le montant des travaux et prestations, encore moins

les termes de paiement convenus. Dès lors, pour elle, affirmer que

c’est elle qui aurait payécette entreprise relève du mensonge.

Par ailleurs, elle soutient qu’elle ne s’était jamais rendue compte

des effets des caméras placées devant sa résidence et ce, depuis leur

installation. Des caméras reliées directement aux téléphones de tous

les membres du Conseil de sécurité, sauf pour elle qui en est pourtant

membre. Je ne sais pas me répondre, quant à la question de savoir, Ces

caméras, déplore-t-elle, ont d’ailleurs accès à son intimité. Elle

signale aussi que ces caméras balayent toute la parcelle de sa

résidence, enregistrent tout mouvement d’entrées et de sorties. Voilà

pourquoi son mari se réserve le droit de porter plainte pour atteinte

à sa vie privée et au harcèlement psychologique dont elle fait

l’objet. Ces caméras ont sans doute étaient placées là pour violer son

intimité.

Fifi Masuka nie également avoir signé des chèques en blanc pour les

comptes qu’elle contresigne avec Muyej. Elle rappelle que la loi des

finances interdit qu’un compte soit géré par une seule personne. La

Province a plus de 20 comptes bancaires au travers desquels elle

reçoit différentes taxes et redevances et elle n’a aucune emprise sur

ces comptes, ni signature, ni connaissance de transaction ou de

relevés. Le seul et unique compte dont elle a connaissance, des

transactions et extrait est celui qu’elle contresigne avec le

gouverneur et c’est ce dernier qui assure exclusivement la

construction de la province, spécialement les bâtiments de l’Assemblée

provinciale, du Gouvernorat, de la présidence, de l’Etat-major de la

PNC et de Mutaka.

A propos des accusations à Kinshasa, spécialement auprès de Joseph

Kabila, le vice-gouverneur parait ne rien comprendre. Par contre,

c’est elle qui, lors du dernier voyage à Kinshasa, à l’occasion de

l’invitation du président de la République aux vice-gouverneurs femmes

et aux présidents des assemblées provinciales pour les consultations,

a fait l’objet de plusieurs accusations du gouverneur auprès des hauts

cadres du FCC.Même au Lualaba, elle stigmatise une campagne de

diabolisation de sa personne lancée depuis son lieu de travail. Une

gestion transparente

Pour ce qui est de sa gestion en qualité de Commissaire spécial

adjoint chargé des finances et développement, Fifi Masuka se dit très

fière d’avoir géré la province en construisant des routes, pas au

travers des Chinois en contrepartie des compensations en nature

(cessions des mines et carrières aux Chinois), mais par paiements au

comptant par banque. La province n’avait pas de dettes envers les

entrepreneurs titulaires des contrats de construction desdites routes.

Dans le secteur des infrastructures, les puits et les transformateurs

étaient payés au comptant, de bonne qualité et très chers.

Comparativement à la situation actuelle, il n’y avait pas de dettes

consistantes que la province devait aux tierces. Lors de la remise et

reprise avec le Ministre des finances, elle indique que tous les

comptes étaient approvisionnés et même un compte de secours où il y

avait plus de 2.000.000 de dollars américains. Un fait est à souligner

dans ce chapitre : à sa grande surprise, c’est l’épouse du Dircab du

gouverneur qui occupe le poste de chargé de Guichet unique jusqu’à ce

jour. A son époque, en tant que Commissaire spécial chargé de finances

et développement, une proposition en rapport avec le développement de

la province avait été faite et adoptée puis exécutée. Concernant Hewa

Bora, la conception du programme, la défense de celui-ci pour

adoption, le commencement des travaux ainsi que le paiement des

travaux de démarrage, furent l’une des actions qu’ellea initiées et

entreprises. Concernant les routes, elle signale que la route

Kolwezi-Dilolo se trouvant en piteux état; le gouverneur avait

introduit la société NAIRpour des travaux intenses spécialement, le

déplacement des buses, l’évacuation des lits des rivières qui

débordaient, les bourbiers, etc. C’est de commun accord avec le

gouverneur que ces paiements étaient faits. Ce sont les sociétés

Safricaset Forrest qui étaient retenues pour la construction de

certaines routes urbaines à Kolwezi.

Des attributions bafouées

Depuis qu’elle est en fonction, le vice-gouverneur ne dispose même

pasd’informations sur les finances de la province. Plus grave, elle a

découvert plutôt que le Gouvernorat a déjà fait entrer la province

dans des dettes allant jusqu’à l’ordre de plus de 40.000.000 $ US.

Dans cette gestion, les prestataires, fournisseurs des biens et

services sont ses enfants qui livrent tout, des simples services

généraux aux travaux de construction, des routes, des bâtiments,….Par

ailleurs, le vice-gouverneur déplore le fait que son équipe fonctionne

parfois avec ses propres moyens. Les membres de l’équipe du gouverneur

touchent 1000 dollars, sauf les siens et elle n’a même pas un

directeur de cabinet adjoint, un assistant et ses agents accusent même

près de 8 mois impayés.

Face à cette situation, le vice-gouverneur Fifi Masuka espère que la

commission spéciale de contrôle chargée de vérifier la réaction écrite

du gouverneur et les déclarations écrites du vice-gouverneur a été

mise sur pied par l’assemblée provinciale. Cette commission ad hoc a

pour entre autres missions de procéder à la vérification de l’usage

des fonds empruntés aux banques pour la construction du centre de

négoce et de l’aérogare et proposer les voies de sortie de la crise.

Les conclusions de la mission sont attendues pas avant le jeudi 24

RDC embre 2020.

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