Assemblée nationale : le ministre de l’ESU s’explique devant les députés




Les députés nationaux se sont retrouvés, ce mercredi 8 décembre 2021 dans la salle des Congrès, en plénière sous la houlette de Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, son président pour auditionner un membre du gouvernement Sama Lukonde, à savoir Mohindo Nzangi, ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire.

D’entrée de jeu, Christophe Mboso a tablé sur le changement intervenu au programme de la journée réservée à l’audition de trois membres du gouvernement dont les ministres de l’Economie nationale, Enseignement supérieur et universitaire et Commerce extérieur.

Par leurs correspondances datées du mardi 7 décembre adressées au bureau, a-t-il enchaîné, le ministre de l’Economie nationale et celui du Commerce extérieur ont fait état de leur indisponibilité pour des raisons d’Etat. Et le bureau en a pris acte et n’a programmé une seule question soit celle adressée au ministre de l’ESU.

Interpellé par question orale avec débat par le député national Bernard Kayumba, élu de Lukunga/Kinshasa, le ministre de l’ESU a dû s’expliquer sur sa mesure fixant à 70% la condition admission à la faculté de médecine en RDC.

Face à cette mesure qui ne résiste pas au doute de la rationalité, le député Kayumba pose au ministre Mohindo Nzangi huit questions, entre autres, pensez-vous que la réussite avec 70% aux examens d’Etat est le seul atout et gage de réussite en faculté de médecine ? La mise en œuvre de votre mesure permettrait-elle à la RDC de posséder, à court, moyen et long termes, des médecins dont le nombre, par habitant, répond aux recommandations de l’OMS et, éviter ainsi l’appel à la main-d’œuvre étrangère dans le secteur ? A deux ou trois semaines de la rentrée académique pensez-vous avoir rendu la tâche facile aux futurs étudiants de la faculté de médecine ?

Dans son exposé, Mohindo Nzangi a fait savoir qu’à son arrivée, il a dressé un état des lieux de l’ESU, lequel l’a conduit à organiser, pour la première fois, après 19 61, les états généraux de l’ESU, auxquels ont été associés tous les experts et toutes les grandes intelligences du pays, pour réfléchir sur le fonctionnement du secteur.

Ce diagnostic a donné lieu à des conclusions regroupées en trois points dont la formation en inadéquation avec la demande du monde professionnel ; la baisse de la qualité de la formation et le désordre dans la création et l’essaimage des établissements de l’ESU. Sur ce point, a renchéri le ministre, la RDC occupe la 3è place en termes de nombre d’établissements d’ESU, après les Etats-Unis et la Chine. Raison pour laquelle, au cours des états généraux, les parties prenantes ont décidé d’assainir le secteur. Des commissions de viabilisation ont été envoyées sur le terrain pour se rendre compte des conditions de fonctionnement de ces établissements.

Et dans cet ordre d’idées, un accent particulier a été mis sur la faculté de médecine parce que, jusqu’à la prise de l’arrêté d’assainissement, 116 facultés de médecine fonctionnaient en RDC, sans laboratoire, sans cliniques universitaires, encore moins d’enseignants.

Le médecin formé dans ces conditions est, ni plus, ni moins, un assassin.

Les états généraux ont donc donné au ministre mandat de commencer l’assainissement par la filière de médecine.

Sur base des critères légaux, les experts ont certifié 16 établissements qui remplissaient 60% des conditions d’organisation de la filière médecine.Ce travail a rappelé Mohindo Nzangi, avait été mené longtemps avant son avènement à l'EsU. Il était principalement demandé par les ministres de la Santé et le Conseil de l'ordre des médecins..il vient d'être achevé par l'actuel ministre qui croit que le temps est venu de remettre de l'ordre dans la formation des médecins en RDC. Voilà pourquoi il a été décidé que la filière médecine soit prioritairement ouverte aux finalistes de la section scientifique (Math-physique ou Chimie-biologie), comme cela est admis pour tous les États du monde. En Afrique du Sud, le candidat à la filière médecine doit avoir fait les sciences et obtenu plus de 75%; au Canada, il fait un baccalauréat en Biologie et dans les domaines connexes; en Zambie, il faut avoir fait des humanités scientifiques et obtenu 75%.

En RDC, le ministère a ouvert la filière médecine aux finalistes des humanités scientifiques, sans tenir compte du pourcentage obtenu. Alors que les finalistes des sections autres que celles scientifiques, la conditionnalité a été fixée à 70%. Car, à un moment, il convient que la nation s'arrête et s'interroge sur ce qu'elle fait de l'avenir de ses enfants, a estimé le ministre Nzangi.

Membre de l'espace CAMES, la RDC doit se soumettre aux critères fixés pour que les produits formés soient compétitifs et admis aux mêmes conditions que les autres.

Après cet éclairage du ministre Nzangi, 59 députés se sont inscrits pour la prise de parole.

.Et dans le débat général, la majorité des intervenants soutiennent le point du ministre qui pense qu'il faille réorganiser la filière médecine, contre une infime minorité qui trouve à redire, notamment sur comment le ministre entend organiser le système LMD dès la prochaine rentrée académique fixée au 5 janvier, que faire du produit mal formé déjà que le marché de l'emploi.

47 vues0 commentaire
Archives
ADHERER CODIDEV.jpg
logo lesondage.png