A.N : Jean-Marc Kabund joue en sapeur pompier face à la situation de grève des enseignants



Après l’incursion des élèves de plusieurs écoles au siège du Parlement, Jean-Marc Kabund, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a, à l’absence de Christophe Mboso, speaker de la Chambre basse du Parlement empêché, calmé la furie de ces élèves venus revendiquer le droit à la scolarité. S’il a déploré la manipulation des élèves, Jean-Marc Kabund a pris l’engagement d’entamer dès ce vendredi des pourparlers avec le gouvernement autour de la grève des enseignants qui revendiquent, à bon droit, l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles.


Ce matin du jeudi 21 octobre, le Palais du peuple a été pris d’assaut par des visiteurs inhabituels. Des élèves de quelques écoles de la capitale, notamment l’institut Bakandja, collèges St Gabriel et St François, lycée Toligana, etc. qui se sont donné rendez-vous au siège du Parlement. Motif : faire entendre leur ras-le-bol d’avoir été abandonnés par leurs enseignants en grève depuis le 4 octobre, jour de la rentrée des classes.

Dans la salle des Spectacles où ils ont été recueillis, ils ont échangé avec Jean-Marc Kabund-a-Kabund, premier vice-président de l’’Assemblée nationale.

Face à ses interlocuteurs, l’honorable Jean-Marc Kabund a usé d’un langage adapté.

« Je sais que ça ne marche pas. Vous êtes en train de revendiquer. Ce qui justifie votre présence ici. Je tiens d’abord à préciser que vous êtes dans l’enceinte de la 2è institution du pays qui est le Parlement », a-t-il circonscrit.

Après avoir félicité ses hôtes pour s’être donné la peine de venir jusqu’au Parlement et surtout pour la convivialité et le calme qui ont prévalu au moment de leurs échanges.

« J’espère que nos échanges vont se passer en toute convivialité et nous allons nous mettre d’accord sur bon nombre de choses ici », a-t-il estimé.

Mais avant son speech, Jean-Marc Kabund a regretté la présence des élèves au siège du Parlement, au moment où ils sont censés être dans les salles des classes.

Pour lui, c’est aussi dommage que les élèves soient des victimes d’une mésentente entre le gouvernement congolais et les enseignants.

« Vous êtes des innocents, parce qu’en ce moment vous devez être à l’école. En même temps, je constate que ceux qui devaient revendiquer, ce sont vos enseignants et non vous ; parce qu’en réalité, vous n’y êtes pour rien. Mais je retiens aussi que c’est de votre droit de revendiquer que vous soyez en classe en train d’étudier. Vous êtes en droit de revendiquer cela », a-t-il constaté.

La Constitution de la République, en son article 43 consacre la gratuité de l’enseignement de base, disposition que le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi met en œuvre depuis son avènement au pouvoir. Ce qui lui a valu des applaudissements par les élèves.

Seulement, a aussi constaté Jean-Marc Kabund, aujourd’hui, la gratuité pose un problème qui sera résolu dans la paix et la sérénité.

A en croire Jean-Marc Kabund, « Le Congo a un seul problème, chacun a l’impression qu’on ne l’écoute pas. Nous ne nous écoutons pas. Faisons alors l’effort chacun d’écouter l’autre. Moi je vous ai écouté : vous voulez étudier et vos enseignants ne veulent pas enseignants parce qu’ils ne sont pas payés », a-t-il placé.

Le premier vice-président Kabund a pris de son temps pour repréciser les choses.

« Si vos enseignants vous disent qu’ils ne sont pas payés, c’est faux. Mais seulement, ils exigent l’amélioration de leur salaire, de leurs conditions socioprofessionnelles. C’est tout à fait légitime pour eux d’exiger l’amélioration de leur salaire. Tout travailleur congolais a droit d’exiger de son employeur l’amélioration de ses conditions socioprofessionnelles. Est-ce pour autant nous allons sacrifier la gratuité », s’est questionné en même temps.

De son point de vue, il est du devoir de l’Etat congolais et les syndicats des enseignants de se mettre autour d’une table afin que les cours reprennent.

« Nous prenons acte. Votre présence en ce lieu nous interpelle au plus haut point en tant que Parlement de la République démocratique du Congo. Le gouvernement est notre émanation, il est investi par le Parlement. Nous avons le pouvoir, en tant que Parlement, d’interpeller tout membre du gouvernement responsable d’un secteur donné qui ne marche pas. Selon ce que vous venez de nous dire, et d’ailleurs nous avions déjà des informations, selon lesquelles, dans ce secteur, depuis la rentrée des classes 2021-2022, les choses ne marchent pas. Mais en même temps, je voudrais rappeler ici que votre place n’est pas dans la rue. Votre place est soit à l’école ou à la maison », a-t-il calmé.

Jean-Marc Kabund demande donc aux enseignants qui revendiquent l’amélioration de leurs conditions socioprofessionnelles, à travers un salaire décent, de le faire eux-mêmes, au lieu d’instrumentaliser les élèves.

Pour clore son mot, le 1er vice-président de l’Assemblée nationale a rappelé à ses interlocuteurs qu’ils sont la relève de la nation, l’avenir du pays. En tant que parent, je suis interpellé au plus haut point de l’engagement et la détermination qui vous caractérisent en revendiquant le droit à la scolarité et relever le défi de remplacer valablement la génération actuelle.

« En tant que Parlement, nous allons nous saisir à bras-le corps ce dossier, nous allons devoir faire venir le ministre de l’EPST qui a en charge de votre éducation. Il pourra nous donner des explications et par la suite, on lui fera des recommandations concrètes afin que vous puissiez reprendre le chemin des cours. Car ce n’est pas un grand problème, c’est juste un désaccord entre vos enseignants et l’Etat congolais qui est leur employeur qui veut que vous puissiez étudier dans de bonnes conditions gratuitement. Nous allons devoir amorcer des discussions avec le gouvernement pour qu’il mette tout en œuvre pour que les élèves reprennent le chemin de l’école ».

Avant de renvoyer les invités surpris, Jean-Marc Kabund leur a dit : « Soyez rassurés que votre message est arrivé et que dès demain, l’Assemblée nationale va entamer des discussions avec le gouvernement, à travers le ministre de l’EPST pour que cette situation soit décantée. Je vous appelle au calme, à la retenue et ne pas céder à la manipulation de qui que ce soit ».

A l’issue de cette entrevue avec Jean-Marc Kabund, l’élève Mbuyi Mbayi Patrick de l’institut Bakandja, a, au nom de ses condisciples, remercié le 1er vice-président de l’Assemblée nationale pour avoir entendu leurs cris de détresse et surtout pris la question à bras-le corps.


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